Devenir écolo sans se fâcher avec tout le monde!
Par lilimome le mardi, avril 14 2009, 18:40 - Environnement - Lien permanent
A l’occasion de la semaine du développement durable, Psychologie Magazine s’est associé à GreenProd pour défendre sous forme de WebTV les valeurs environnementales… avec parfois quelques difficultés… Pas facile en effet, de ne pas jouer les troubles-fêtes par des discours moralisateurs, par exemple en famille. Extrait de cet intéressant article :

«Fin juin, ma fille Manon, 14 ans, s’apprêtait à jeter une dizaine de cahiers de classe quasiment intacts, raconte Judith, 40 ans. Quand je lui en ai fait la remarque, je me suis pris une volée de bois vert. Elle m’a dit en avoir marre de bouffer des légumes bio, marre de notre bagnole pourrie qui lui “colle la honte”, marre de se laver avec du “vieux savon” (je boycotte le gel douche), marre de mes tirades contre les fringues fabriquées à l’autre bout du monde ! Je ne suis pourtant pas une pasionaria écolo. Je m’y suis mise sur le tard, et je m’en tiens à quelques principes simples, que j’essaie effectivement de transmettre à mes enfants. Mais avec Manon, ça ne passe pas ! »
Il est naturel que le discours écolo, surtout quand il vient des parents, ait du mal à passer auprès des adolescents, qui aiment avant tout être dans la conformité et dans l’identification aux copains. Nos choix verts déclenchent chez eux de l’agressivité, car ils les privent de la consommation de gadgets high-tech, de vêtements et de junk food « identitaires »… Leurs cadets sont plus ouverts, mais attention à notre façon de présenter les choses. « L’autre jour, ma fille de 9 ans était encore en train de prendre une douche interminable, confie Lydia, 35 ans. J’ai déboulé dans la salle de bains et, comme ils en avaient parlé à l’école, j’en ai rajouté sur les ours polaires qui se noient en nageant des jours entiers à la recherche d’un bout de banquise intact, et sur la façon dont, une fois les réserves épuisées, on va s’entre-tuer pour trois gouttes d’eau. Elle a fini en larmes, j’ai mis beaucoup de temps à la calmer. »
« Quand nous étions enfants, on nous répétait : “Il faut économiser l’eau, l’électricité”, rappelle le psychothérapeute Patrick Estrade. Aujourd’hui, l’avenir de la planète a bon dos : on reproduit en fait le même discours parental autoritaire. Ce qui nous énerve, c’est moins que l’enfant – ou l’ado – soit dans le gâchis que dans l’insouciance, et on se venge en le culpabilisant. Mais “Arrête de gâcher de l’eau, il y a la banquise qui fond”, est-ce vraiment plus intelligent que le sempiternel “Finis ton assiette, il y a des enfants qui meurent de faim” de notre enfance ? »
Écologie et paix des familles ne font pas forcément bon ménage
Passons sur le fait que, depuis notre conversion, nous avons de nouveaux sujets d’empoignades avec notre conjoint (« Le pot de yaourt avec son opercule en alu, pas dans la poubelle jaune ! ») ou avec notre belle-sœur dans la maison de vacances (« C’est toi qui as acheté des compotes individuelles suremballées ? »). Nous avons beau essayer de ne donner de leçons à personne, nous ne faisons que ça, au risque d’horripiler notre entourage. Margaux, 31 ans, a ainsi des beaux-parents jouisseurs : « Éteindre la lumière en sortant d’une pièce, ça leur rappelle les privations de l’après-guerre. Ma belle-mère m’attaque aussi sur le terrain féministe : “Tu as quoi contre les plats préparés ou les micro-ondes ? Ça a quand même libéré les femmes, non ?” Je passe pour une réactionnaire. »
Selon le psychanalyste Jean-Claude Liaudet, « on assiste, sur le terrain environnemental, à une inversion générationnelle. Se faire rappeler à l’ordre par la jeune génération, c’est insupportable ».





Commentaires
merci pour ce bon moment.j'ai bien ri et me suis reconnue dans les déboires des ecolos d'aujourd'hui
j'ai moi aussi une ado de 15 ans et un fils de 9 ans et des copains et tout et tout et c'est vrai que par moment j'énerve tout le monde avec mes recommandations....
tenons bon, les ours nous remercieront.....
Le pire moment je crois, c'est à la naissance de votre enfant écolo. Allez donc faire comprendre aux grand-parents, oncles, tantes, que vous ne voulez pas de cadeaux neufs...sauf s'ils sont en équitables, en coton bio, ou d'artisans locaux en bois...vous allez voir les regards !
Comment, vous osez priver les grand-parents de leur rôle ? eh oui, ils ne savent pas où sont les dépôt-vente. Ils ne savent pas où sont les magasins bio ?
et puis vous voulez mettre à votre enfant des body déjà portés ? voire des couches lavables déjà souillées ?
La maternité vous a fait perdre la tête !!! ou alors vous avez rejoint une secte.
Et c'est vrai que, lorsqu'enfin les grand-parents commencent à être sensibilisés et tentent de vous faire plaisir en achetant de la nourriture bio pour votre enfant, il vaut mieux attendre un peu pour expliquer que bio c'est super, mais sur emballé c'est pas top. Car là, on va vraiment vous prendre pour une râleuse !
Mais petit à petit, vous verrez quand même que les gens autour de vous se mettent à changer...doucement ou plus vite selon leur capacité à se remettre en question, sans culpabiliser. car si culpabilité, alors il y a rejet, agressivité, etc...tentons de trouver pour chaque réfractaire une solution durable séduisante et amusante pour sensibiliser.
et puis, faites écouter la chanson de Pascal Parisot "mes parents sont bio" pour montrer que vous savez vous tourner en dérision.
...et oui pas facile de se faire comprendre par tout le monde!!!..heureusement mes enfants "baignent" autant qu'on le peu dans un environnement préservé (nourriture le plus possible bio, jouets ecolo, vetements de "deuxieme main"...) et cela leurs réussi plutôt bien; ils semblent aussi etre sensibles a l'ecologie (en tout cas le plus grand de 8 ans). Le plus grand lorsqu'il avait 6 ans a demandé un jour a sa grand -mere"il est bio ton jus d'orange" quand sa grand-lere lui a dit "non" il lui a répondu"a ben j'en veux pas"...