Le blog des mômes écolo

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samedi, août 1 2009

Ecolo l'équitable?

Lorsque j’ai démarré ma recherche de fournisseurs de jouets écologiques pour les Mômes de Terre, j’ai eu l’impression de plonger dans un gouffre de pseudo bons plans et dans un labyrinthe de jargons et de valeurs : bio, écolo, équitable, naturel, éthique … La liste s’allongeait en même temps que mes doutes et mes questions… Et mes visites sur les autres sites internet qui vendent des jouets ne m'aidaient pas à résoudre mes dilemnes, bien au contraire... J'ai plutôt l'impression que "tout est bon à prendre"... Bof...

 

Alors, écolo l'équitable?

L’écotidien a relancé le débat en juin dernier en opposant les défenseurs du commerce équitable aux adeptes du bio et de l’écologie : « pour résumer, les adeptes du bio et de l’écolo reprochent aux équitables de polluer la planète en faisant venir leurs bananes d’Afrique, pendant que les équitablement corrects s’insurgent contre les fans du bio, qui achètent souvent local en négligeant les relations Nord-Sud. […] Priscille Alvarez, militante écologiste, toute de coton bio vêtue, considère que la « Terre » doit être au-dessus de toute préoccupation, y compris humaine. « C’est vrai que les commandements autour du bio et de la consommation verte font un peu religion » acquiesce-t-elle. Ce qui ne l’empêche pas de tacler immédiatement le commerce équitable au passage, en se demandant si le riz équitable peut être considéré comme écologique. « J’ai du mal à voir comment 12 heures d’avion ou de bateau peuvent être respectueuses de l’environnement » ironise-t-elle. »

L’équitable a plus trait à la dimension sociale dans les relations commerciales Nord/Sud, alors que le bio est directement lié au respect de l’environnement. Un produit équitable peut donc être en partie bio si les matières premières sont utilisées dans le respect des écosystèmes, mais ne le sera jamais complètement puisque son empreinte environnementale sera largement chargée par le transport des marchandises.

A l’inverse, le bio peut être équitable mais on trouve aussi des plantations bios, notamment en Espagne, où les conditions de travail sont inhumaines et donc loin des valeurs éthiques de l'équitable…

 

(merci à Diane La Plombière pour le visuel)

 

Les jouets éco-équitables des Mômes de Terre

J’ai essayé de me faire une opinion sur le sujet, grâce à l’expérience inégalable de professionnels du jouet, grâce au bon sens de maraîchers bio, d’amapiens ou d’alter-consommateurs et grâce aux médias. Il m’apparait donc aujourd’hui indispensable de limiter le catalogue de jouets dits écologiques à des jouets fabriqués localement : en France ou en Europe. J’ai craqué pour quelques produits du commerce équitable, très peu… , mais il s’agit de jouets fabriqués au Kenya et qui allient équitable et production biologique dans un continent que j’ai à cœur de soutenir.

 

C’est ensuite la grande proximité avec les fournisseurs et la vigilance sur l’ensemble de ces critères qui m’a conduit à vous proposer une sélection de jouets qui, par conséquent, n’est pas extrêmement étendue… Combien de jeux superbes, avec un innovation forte apportée sur les matières premières, m’ont séduits… jusqu’au moment où j’ai appris qu’ils étaient fabriqués en Asie.. Alors, ce sera clair, ce sera Niet ! Et ma base-line sera « jouets éco-équitables » avec un tiret qui ne signifie pas « ou » mais « et » !!

mardi, avril 14 2009

Devenir écolo sans se fâcher avec tout le monde!

A l’occasion de la semaine du développement durable, Psychologie Magazine s’est associé à GreenProd pour défendre sous forme de WebTV les valeurs environnementales… avec parfois quelques difficultés… Pas facile en effet, de ne pas jouer les troubles-fêtes par des discours moralisateurs, par exemple en famille. Extrait de cet intéressant article :


 «Fin juin, ma fille Manon, 14 ans, s’apprêtait à jeter une dizaine de cahiers de classe quasiment intacts, raconte Judith, 40 ans. Quand je lui en ai fait la remarque, je me suis pris une volée de bois vert. Elle m’a dit en avoir marre de bouffer des légumes bio, marre de notre bagnole pourrie qui lui “colle la honte”, marre de se laver avec du “vieux savon” (je boycotte le gel douche), marre de mes tirades contre les fringues fabriquées à l’autre bout du monde ! Je ne suis pourtant pas une pasionaria écolo. Je m’y suis mise sur le tard, et je m’en tiens à quelques principes simples, que j’essaie effectivement de transmettre à mes enfants. Mais avec Manon, ça ne passe pas ! »
Il est naturel que le discours écolo, surtout quand il vient des parents, ait du mal à passer auprès des adolescents, qui aiment avant tout être dans la conformité et dans l’identification aux copains. Nos choix verts déclenchent chez eux de l’agressivité, car ils les privent de la consommation de gadgets high-tech, de vêtements et de junk food « identitaires »… Leurs cadets sont plus ouverts, mais attention à notre façon de présenter les choses. « L’autre jour, ma fille de 9 ans était encore en train de prendre une douche inter­mi­nable, confie Lydia, 35 ans. J’ai déboulé dans la salle de bains et, comme ils en avaient parlé à l’école, j’en ai rajouté sur les ours polaires qui se noient en nageant des jours entiers à la recherche d’un bout de banquise intact, et sur la façon dont, une fois les réserves épuisées, on va s’entre-tuer pour trois gouttes d’eau. Elle a fini en larmes, j’ai mis beaucoup de temps à la calmer. »
« Quand nous étions enfants, on nous répétait : “Il faut économiser l’eau, l’électricité”, rappelle le psychothérapeute Patrick Estrade. Aujourd’hui, l’avenir de la planète a bon dos : on reproduit en fait le même discours parental autoritaire. Ce qui nous énerve, c’est moins que l’enfant – ou l’ado – soit dans le gâchis que dans l’insouciance, et on se venge en le culpabilisant. Mais “Arrête de gâcher de l’eau, il y a la banquise qui fond”, est-ce vraiment plus intelligent que le sempiternel “Finis ton assiette, il y a des enfants qui meurent de faim” de notre enfance ? »

Écologie et paix des familles ne font pas forcément bon ménage

Passons sur le fait que, depuis notre conversion, nous avons de nouveaux sujets d’empoignades avec notre conjoint (« Le pot de yaourt avec son opercule en alu, pas dans la poubelle jaune ! ») ou avec notre belle-sœur dans la maison de vacances (« C’est toi qui as acheté des compotes individuelles suremballées ? »). Nous avons beau essayer de ne donner de leçons à personne, nous ne faisons que ça, au risque d’horripiler notre entourage. Margaux, 31 ans, a ainsi des beaux-parents jouisseurs : « Éteindre la lumière en sortant d’une pièce, ça leur rappelle les privations de l’après-guerre. Ma belle-mère m’attaque aussi sur le terrain féministe : “Tu as quoi contre les plats préparés ou les micro-ondes ? Ça a quand même libéré les femmes, non ?” Je passe pour une réactionnaire. »

Selon le psychanalyste Jean-Claude Liaudet, « on assiste, sur le terrain environnemental, à une inversion générationnelle. Se faire rappeler à l’ordre par la jeune génération, c’est insupportable ».