Le blog des mômes écolo

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Tag - jouet toxique

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mardi, décembre 13 2011

Les dangers insoupçonnés des jouets

L’habit ne fait pas toujours le moine, en particulier en ce qui concerne les jouets. Qui dit poupées aux couleurs brillantes dit le plus souvent teintures artificielles et produits chimiques – benzène, bisphénol A, formaldéhyde, phtalates, retardateurs de flammes bromés et toluène pour citer quelques-uns des plus connus.

D’après RAPEX (le site qui référence les produits rappelés dans l'Union Européenne), les jouets ont représenté l’an passé un quart des produits rappelés par les Vingt-Sept. Le risque chimique a par ailleurs été la cause du rappel dans 19 % des cas, ce qui fait de lui le deuxième type de risques à l’origine de retraits du marché. « La conjonction de ces deux facteurs indique clairement que le risque chimique dans les jouets est un enjeu majeur de protection du consommateur au niveau européen », résume le WECF, qui dénonce également  la présence de baryum dans des bijoux pour enfants et rappelle qu’une étude réalisée l’an passé par le Finish Environment Institute a révélé la présence de plomb dans plusieurs types de jouets (PVC dur, peinture de certains objets).

Quoique révisée il y a deux ans et devant faire l’objet d’un nouvel examen courant 2013, la directive européenne Jouets, qui détermine les seuils de produits chimiques, apparaît trop légère pour assurer la sécurité des enfants en bas-âge. C’est en tout cas l’opinion de Mme Rivasi, qui regrette que, si elle est encadrée, l’utilisation des mélanges et substances classés cancérigènes, mutagènes et reprotoxiques (CMR) dans les jouets demeure autorisée (à hauteur de 0,1 % du poids de l'objet, alors même que l'Agence allemande de sécurité sanitaire a calculé qu'« un enfant qui tiendrait dans ses mains pendant une heure un jouet intégrant l'une de ces molécules au seuil autorisé en absorberait autant par la peau que s'il fumait quarante cigarettes » (!) ).

« Cela veut dire que les jouets actuellement mis sur le marché dans l’UE sont dangereusement mis entre les mains des enfants sans que l’on puisse trouver la moindre indication sur les composants […] Il faut que l’on arrive à éliminer totalement ces produits nocifs dont certains sont des perturbateurs endoctriniens […] et il faut surtout qu’un organisme de contrôle et de certification indépendant fasse un travail de vérification avant la mise sur le marché. On ne peut en effet pas toujours se fier au label CE, qui est délivré par les fabricants eux-mêmes », a-t-elle résumé. Et Mme Lepage de renchérir : « Il est urgent de renforcer l’indépendance de nos agences d’expertise européennes en mettant fin aux conflits d’intérêt et en assurant une prise en compte sérieuse de la littérature scientifique indépendante et des signaux d’alerte ».

En attendant un durcissement de la législation et que les fabricants prennent leurs responsabilités, le WECF, qui a élaboré un guide d’achat, recommande les jouets labellisés et en matières naturelles comme le bois brut, le caoutchouc naturel et le tissu, sachant que certains logos comme GS, Oeko-tex et SpielGut attestent d’un contrôle des substances employées dans leur fabrication. Elle encourage également l’acheteur à « déballer puis aérer autant que possible les jouets avant de les donner à l’enfant ainsi qu’à laver les jouets en textiles et plus largement tous ceux qu’il est possible de nettoyer ». Mieux vaut enfin « éviter les jouets en PVC et ceux qui dégagent une forte odeur ». Parce qu’il est des cas graves comme celui-ci où il n’y a pas que l’intention qui doit compter.

vendredi, décembre 2 2011

Sophie la Girafe, une espèce menacée?

Une fois n'est pas coutume, je reprends tel quel un excellent article du Nouvel Obs sur les dangers de Sophie La Girafe récemment pointés du doigt par Que Choisir. 

Les temps sont durs pour Sophie la girafe. Dans son numéro de décembre 2011, le magazine "Que choisir" (payant) remet en cause l'innocuité du jouet, vendu à plus de 50 millions d'exemplaires dans le monde. A la suite de tests maison, le journal assure que ses résultats de laboratoire "entraîneraient son retrait du marché Outre-Rhin". Référence à la réglementation sur les jouets allemande, plus stricte qu'en France.

Une girafe pas si sage

Qu'on se comprenne bien : l'herbivore en caoutchouc naturel préféré des nourrissons - 816.000 girafes achetées en France en 2010 pour 832.000 naissances!- est bien conforme à la réglementation française et européenne sur les jouets. Et le restera en 2013, lorsque sortira une nouvelle Directive sur le sujet. Le problème est ailleurs.

Sophie la girafe comporte des taux de précurseurs de nitrosamine qui fleurtent avec les limites autorisées : 0,945 milligramme (mg) quand le seuil est fixé à 1 mg. Surtout, ce taux est bien supérieur à celui fixé pour les tétines de biberon et d'apaisement (0,1 mg), pour un usage somme toute peu différent. En 2008, l'Allemagne a choisi d'étendre les seuils fixés par la réglementation européenne sur les tétines aux jouets susceptibles d'être portés à la bouche.

Le risque ? Les précurseurs de nitrosamines se transforment au contact de l'humidité, et donc de la salive, en nitrosamines, substances classés cancérogènes probable (œsophage, estomac) ou possible par le Centre international de recherche sur le cancer.

Sophie instrumentalisée ?



Changer le processus de fabrication, opération de transformation thermique du caoutchouc au cours de laquelle se forme probablement la molécule incriminée, coûterait sans doute une fortune. Le fabricant Vulli, qui emploie 120 personnes à Rumilly et tourne sur cet unique produit depuis 1961, préfère la contre-attaque.

Dans un communiqué publié le 2 décembre 2011, l'entreprise se dit prête à "demander réparation par voie judiciaire" à ceux qui diffusent "des informations infondées et incomplètes". En ligne de mire : le magazine 'Que Choisir'. "Il se sert de Sophie, qui n'est pas condamnable, comme d'un emblème pour faire évoluer les normes sur les jouets", tempête Serge Jacquemier, directeur de l'entreprise. Pas faux.

Quant à la présence de précurseurs de nitrosamines dans le caoutchouc de Sophie, la maison minimise le risque : "Aucun produit au monde n'est aussi sûr que ce jouet ! Cette substance est naturelle dans le caoutchouc, tout comme dans la bière, la viande ou la charcuterie. Il faudrait manger 36 Sophie pour absorber l'équivalent de ce qu'on trouve dans un verre de bière !" Encore vrai. Sauf que les nourrissons ne consomment ni bière ni saucisson.

L'offrir encore ou pas ?

"On ne peut pas dire qu'un tel jouet est toxique ou pas", explique Marie-Françoise Corre, ingénieure en matériaux et membre du Comité scientifique du WECF (Women in Europe for a common futur). "Mais il joue son rôle dans l'ensemble des nitrosamines qui arrivent à l'enfant par différents biais. Et chaque source contribue à construire l'exposition au risque de cancer".

Alors que l'entreprise promet de faire tous les efforts pour réduire au maximum la présence de cette substance dans son produit, la scientifique appelle à "tenir compte du contexte". La fumée de cigarette par exemple, est très chargée en nitrosamines. Inutile d'en rajouter.

En revanche, pour un bébé protégé par ailleurs des agressions toxiques, qui boit bio, suce une tétine en silicone et dort dans un lit sans colles toxiques, pourquoi pas. Comme un petit écart en période de diète.

Morgane Bertrand – Le Nouvel Observateur

jeudi, novembre 17 2011

Vigilance au niveau des jouets ...

Une ONG pointe du doigt les produits chimiques contenus dans les jouets destinés aux enfants. Une batterie de tests en public a été réalisée hier, pour sensibiliser les parents aux méfaits du formaldéhyde, des phtalates, du xylène ou du Bisphenol A.
 


Le réseau d’associations regroupées sous le nom WECF (Women in Europe for a common future), qui est déjà à l’initiative des ateliers « Nesting », organisait hier à Paris une opération de sensibilisation des parents au sujet des produits chimiques cachés dans les jouets pour enfants. Des scientifiques équipés pour détecter les substances toxiques se sont prononcés sur la dangerosité de certains articles comme des puzzles, des poupées, de la vaisselle en plastique ou des ours en peluche.

Bilan : les colles utilisées, mais aussi les mousses synthétiques, et les bois en aggloméré ou contreplaqué peuvent contenir du formaldéhyde, une substance irritant le nez et les voies respiratoires, et identifiée comme un cancérogène du rhinopharynx. Le formaldéhyde se répandrait dans l’air à partir de 19 ou 20 degrés. La solution consiste donc à maintenir la chambre d’enfant à 18 degrés, selon une experte du laboratoire Quad-Lab, laboratoire spécialisé dans l'étude de l'air intérieur. En cause aussi , le Bisphenol A, désormais interdit pour les biberons et tétines, qu’on peut encore retrouver dans les objets en plastique. Pour les peluches, ce sont les retardateurs de flammes bromés qui peuvent s’avérer toxiques ; ces substances sont interdites en France, mais pas à l’étranger et notamment chez les gros producteurs de jouets comme la Chine.

Absence de réglementation
En matière de jouets, il semblerait que les consommateurs ne puissent pas se fier à la norme CE, obligatoire sur les jouets vendus en France, puisque ce sont les fabricants eux-mêmes qui apposent la marque, sans vérification d'un organisme indépendant. Le réseau WECF plaide donc pour la mise en place de contrôles sur les jeux et jouets. Une réglementation européenne adoptée en 2008 va dans ce sens, mais les mesures prises concernant les substances chimiques ne seront pas obligatoires avant 2013.

Ainsi pour Noël 2011, le meilleur conseil donné reste de se fier à des jouets de fabrication française voire européenne, en coton bio ou en bois brut.

dimanche, janvier 16 2011

Jouets dangereux : "La meilleure pression sur les fabricants, c'est de privilégier la qualité sur la quantité"


Le tapis-puzzle a été interdit à la vente pour une durée de trois mois, lundi 13 décembre.

Le tapis-puzzle a été interdit à la vente pour une durée de trois mois, lundi 13 décembre.AFP/ISABELLE WIRTH

Je ne me foule pas aujourd'hui, et je vous retransmets telle quel une interview fort intéressante d'Elisabeth Ruffinengo, chargée de mission à l'association WECF (Women in Europe for a Common Future) au Monde.

Comment peut-on savoir si un jouet est dangereux ou pas pour son enfant ?

A priori, il n'y a pas de solution à donner en une phrase, c'est difficile. Il faut regarder d'abord s'il y a des logos autres que le logo "CE", qui n'est pas un gage suffisant de sécurité au niveau des jouets. Il faut chercher des indications telles que "sans phtalates", "sans PVC", "spiel gut" ou "œkotex" pour les textiles.

On peut aussi se fier à l'indication "GS". Mais cette liste n'est pas exhaustive.

Les composants ne sont généralement pas mentionnés sur les jouets. C'est un problème, non ?

C'est une différence entre jouets et cosmétiques, par exemple. Pour les cosmétiques, il y a la liste de tous les ingrédients du produit. C'est souhaitable pour les jouets, cela permettrait aux parents de se repérer plus facilement.

Au niveau de l'étiquetage, il faut attendre l'émergence d'un écolabel au niveau européen, qui soit plus exigeant. On a déjà des labels nationaux, comme le label allemand "Ange bleu" ou le label "NF environnement" pour les jouets.

Le guide jouets que nous avons édité donne plus de détails, on y donne des conseils généraux sur la manipulation des jouets, sur les gestes simples à faire pour réduire les risques.

J'ai moi-même passé beaucoup de temps à jouer avec des enfants sur un tapis de ce type. Le risque est-il important en cas de simple contact avec la peau ?

Ce produit peut causer des irritations de la peau. Ensuite, tout dépend du tapis lui-même, puisqu'on n'a pas de certitude sur le fait de savoir si tous les tapis-puzzles sont concernés. Il faut attendre les résultats des tests en cours en France pour le savoir. Mais a priori, on ne peut pas exclure ni rendre systématique le risque lié au formamide, une substance qui est reprotoxique – elle perturbe le système reproducteur. Elle est classée comme telle par l'Union européenne.

Les autres risques sont des allergies, des irritations de la peau et des yeux et des troubles des voies respiratoires.

Le système Rapex avait épinglé ces puzzles, mais à cause de la taille des éléments qui les composent, des petites parties, qui peuvent être ingérées. Si en plus il y a ingestion d'une partie d'un puzzle, c'est d'autant plus dangereux.

La suspension de la vente des tapis-puzzles témoigne-t-elle d'une implication nouvelle du gouvernement français sur le sujet ?

Il existe des politiques de santé publique en Europe et en France qui doivent prendre en compte les impacts de l'environnement sur la santé. Il y a le Plan national santé environnement en France, qui vise les populations vulnérables, les enfants en premier lieu.

Toute une partie est dédiée par exemple à la qualité de l'air intérieur, à l'étiquetage des cosmétiques pour enfants, etc. Ensuite, il faut traduire ce plan en actions, il faut mettre le plan en œuvre, et on voit encore malheureusement que les pouvoirs publics réagissent à un problème plutôt que de prévenir les atteintes à la santé de l'enfant liées à l'environnement.

On peut souligner quand même qu'il y a un progrès au niveau des objectifs politiques affichés, et ensuite il faut que ces objectifs se traduisent par des mesures concrètes.

J'ai l'impression que les alertes aux consommateurs sur les jouets dangereux sont d'abord lancées par des associations. N'est-il pas temps que le gouvernement se saisisse de ce sujet ?

Si, bien sûr, il est temps. On peut voir que malheureusement, c'est une réaction plutôt qu'une prévention qui est faite. A un moment, un produit est montré du doigt, ce qui débouche sur un retrait du marché.

Mais il faudrait dépasser la démarche substance par substance et produit par produit. Je pense notamment au bisphénol A et aux biberons. Nous souhaiterions que le principe de précaution soit appliqué aux politiques de protection de la santé, notamment de la santé de l'enfant. Et sur le thème des puzzles en mousse, je m'interroge sur le silence du ministère de la santé, sur le fait qu'il n'y a pas eu de déclaration ou d'action commune des deux ministères : protection du consommateur et ministère de la santé.

Sur ce thème des jouets, l'Allemagne, en tant qu'Etat membre de l'Union européenne, demande officiellement une révision de la directive européenne "sécurité des jouets" adoptée en 2009, sur le thème des substances chimiques, dont plusieurs sont ciblées par cette demande.

Les jouets des marchés de Noël, souvent achetés en gros dans des entrepôts, répondent-ils aux normes CE ?

On ne peut pas a priori les taxer d'être plus dangereux que d'autres. Il se peut que certains n'aient pas de marquage CE. Dans ce cas, évidemment, il ne faut pas les acheter.

Ensuite, il est difficile de connaître la composition d'un jouet a priori sans test, puisque les tests réalisés par exemple en Allemagne récemment ont montré la présence des substances dangereuses dans des jouets à la fois plutôt chers et dans des jouets très bon marché.

Quid des bracelets en silicone tant à la mode en ce moment dans les cours d'école ?

Certains produits, comme les accessoires de mode pour enfants, ne sont pas considérés comme des jouets. Je ne sais pas si ces bracelets sont considérés comme des jouets.

Si ces bracelets sont en silicone alimentaire, comme le dit l'internaute, celui-ci est vraiment très sûr. Un conseil : nous vous invitons à envoyer au distributeur du produit une lettre, dont nous proposons un modèle sur notre site Internet, pour savoir si le produit contient certaines substances chimiques identifiées par la réglementation européenne sur les substances chimiques.

Comme ils sont en plastique mou, on pourrait trouver dans ces bracelets des phtalates, qui sont des assouplissants du plastique connus pour perturber le système hormonal. Mais seul un test peut permettre de déceler la présence de phtalates dans ce produit.

Ne pensez-vous pas qu'interdire ces "tapis-puzzles" est une goutte d'eau dans la mer car les substances nocives sont omniprésentes dans la vie quotidienne des enfants ?

Evidemment, les substances nocives sont omniprésentes dans l'environnement de l'enfant. Mais cette mesure est un signe encourageant qui montre que les pouvoirs publics peuvent agir très vite, et pour nous, c'est plutôt un signe positif.

Les parents peuvent aussi agir pour exiger des politiques plus protectrices de la santé de l'enfant, notamment en soutenant les associations qui agissent dans ce cadre au quotidien.

Nous vous invitons à vous renseigner sur les ateliers "nesting" que nous proposons sur notre site projetnesting.fr.

Cette polémique alimente le discours protectionniste anti-chinois. Mais les fabricants européens et français sont-ils insoupçonnables?

C'est une bonne question. Nous ne souhaitons pas associer la dangerosité d'un produit à sa provenance géographique. Actuellement, plus de 90% des jouets vendus en Europe sont fabriqués en Asie, principalement en Chine, mais les fabricants chinois et asiatiques développent aussi de bonnes pratiques.

Des entreprises françaises s'engagent aussi dans l'éco-conception et proposent des produits plus sûrs. Sur la question du protectionnisme, je voudrais dire que quel que soit le pays, il nous apparaît important de privilégier des produits locaux, de qualité.

Par exemple, imaginons une entreprise qui est dans le Jura et qui fabrique des jouets en bois brut à partir de bois locaux qui seront non vernis et donc auront une haute qualité.

Certains jouets en bois sont-ils dangereux ? Et si oui, lesquels ?

Pour le bois, le risque qu'on peut y associer, c'est la présence dans le bois de colles contenant du formaldéhyde, c'est-à-dire du bois contreplaqué. Le formaldéhyde est un cancérigène, et notamment un irritant des voies respiratoires.

Pour le bois, il faut vérifier aussi que les peintures sont de qualité alimentaire, qui seront plus sûres que d'autres. Il faut donc privilégier des jouets en bois brut ayant été peints avec des peintures alimentaires.

Il existe de nombreux sites de vente de jouets écologiques : par exemple Natiloo, Jeujouethique ou Lethichou.

Un rapport récent a souligné le caractère dangereux des lampes LED blanches et bleues pour les enfants. Pourtant, les hypermarchés continuent à en vanter les mérites. Qui croire, que faire ? Faut-il jeter les guirlandes achetées l'année dernière pour décorer le sapin ?

Il ne faut pas utiliser les LED en lampe de chevet. Ni les LED ni les ampoules basse consommation.

Comment faire pression sur les fabricants pour les contraindre à ne plus utiliser de substances toxiques ?

Tout d'abord, en tant que parents, en s'informant. Et la meilleure pression est de privilégier la qualité des jouets sur la quantité. Je parlais tout à l'heure des modèles de lettres à envoyer aux fabricants et aux distributeurs. C'est l'une des actions que peuvent avoir les parents pour montrer qu'ils sont attentifs au contenu des produits.

Plus il y aura de demandes de la part des consommateurs, plus les fabricants verront un intérêt sanitaire et économique à fabriquer des produits répondant à leurs attentes. Il faut souligner que cela reste difficile pour la grande majorité du grand public de s'informer en profondeur sur ce thème, mais c'est la seule façon à ce jour de faire pression. Il faut aussi poser des questions.

Est-il possible d'imposer des normes "écolos" pour les jouets ?

La France élabore actuellement un référentiel pour la marque "NF environnement jeux et jouets" qui ira bien plus loin que la directive européenne.

Une façon de faire pression est de privilégier l'achat de jouets écologiques, plus sains, et labellisés de manière indépendante. Je vous invite à consulter notre guide jouets, qui donne des conseils en la matière. Une fois que la réglementation est votée, la marge de manœuvre est déjà plus réduite. C'est pourquoi il est important de soutenir l'ensemble des ONG qui agissent en amont, lors de la prise de décision sur les réglementations.

Dans quels autres produits – jouets ou pas – trouve-t-on ce formamide dont on n'avait jamais entendu parler ?

Le système Rapex avait rappelé en 2006 une veste en cuir qui contenait des taux élevés de formamide. C'est la seule indication sur cette substance que j'ai. Malheureusement, actuellement, sur le marché, il y a un très grand nombre de substances chimiques utilisées, et il est difficile d'en avoir un inventaire complet.

On peut encourager les citoyens à demander à leurs élus locaux, pourquoi pas, la mise en œuvre de la réglementation Reach adoptée en 2006, qui vise entre autres à informer le consommateur sur les substances chimiques dangereuses présentes dans les produits de consommation courante.

vendredi, décembre 24 2010

Enfin une norme environnementale sur les jouets en France!

Alors que les tapis-puzzle viennent d’être retirés du marché pour trois mois, en raison de leur possible toxicité, l’Association française de normalisation (Afnor) a annoncé la création d’une norme NF Environnement pour identifier les jeux et jouets exempts de substances dangereuses.

Dès la fin du premier semestre 2011, ce label sera visible sur les produits destinés aux enfants de moins de 14 ans, et fabriqués sans métaux lourds, parfums, phtalates et autres produits toxiques.

Jusqu’à présent, mis à part les labels Oeko-tex pour le textile et L’Ange Bleu pour les jouets en bois, les parents n’avaient aucun moyen de s’assurer que les jouets de leurs bambins ne contenaient pas de substance dangereuse.

Ledit sésame sera accordé aux produits certifiés sans substances dangereuses (phtalates, formaldéhydes) ni métaux lourds (arsenic, baryum, cadmium, chrome, mercure, plomb etc.), ni nanomatériaux. Seuls les jouets en bois, textile, cuir, plastique, caoutchouc, avec des matériaux de rembourrage, papier ou carton pourront être labellisés, et le mode de fabrication ainsi que la contribution à l’effet de serre seront également examinés. 

Pour être labellisés, les jouets doivent répondre, quel que soit le matériau, à des critères généraux comme l'absence de substances dangereuses, absence de métaux lourds, absence de parfum, de nanomatériaux, respect de la sécurité des jouets, absence de phtalates….

Par ailleurs, les produits sont soumis à des critères spécifiques par type de matériau, des critères sur les process de fabrication de chaque matériau, des critères sur la contribution à l'effet de serre, et des critères d'aptitude à l'usage.

Lancé dès la fin du premier trimestre 2011, l’éco-label ne devrait cependant voir le jour qu’en 2012.Instaurée l’an passé, la directive européenne prévoyant de réglementer l’utilisation des mélanges et substances toxiques des jouets, elle, n’entrera en vigueur qu’en 2013.

mardi, décembre 14 2010

Bientôt la fin des tapis-puzzles toxiques en France?

Les tapis-puzzle, présents depuis plusieurs années dans les magasins de jouets, pourraient être nocifs pour les enfants. Au nom du principe de précaution, la Belgique a décidé de les faire retirer du marché dès vendredi.

 

 

En France, Frédéric Lefebvre, secrétaire d’état à la consommation, vient de saisir la Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes, qui devrait statuer avant la fin d’année.

 

Les tapis-puzzles sont composés de grandes dalles de plastique formant un revêtement proche de celui des centres aérés ou des salles de gymnastique. La souplesse du plastique est obtenue grâce au formamide, un solvant industriel qui se révèle cancérigène lorsqu’il est inhalé ou ingéré, et irritant pour les yeux et la peau.

 

D’après une étude menée par plusieurs associations, en Belgique, en Italie et en Espagne, la nocivité du produit est établie depuis 2009. Selon eux, la majorité des tapis-puzzle, trop riches en formamide, doivent être retirés du marché.

 

D’après le gouvernement belge, l'interdiction des tapis juste avant les fêtes n'est qu'une anticipation d'une directive européenne, qui devrait interdire les produits contenant du formamide en 2013.